Le problème de la vie et de la mort des nations

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Je me crois maintenant pourvu de tout le nécessaire pour résoudre le problème de la vie et de la mort des nations, et je dis qu’un peuple ne mourrait jamais en demeurant éternellement composé des mêmes éléments nationaux. Si l’empire de Darius avait encore pu mettre en ligne, à la bataille d’Arbelles, des Perses, des Arians véritables ; si les Romains du Bas Empire avaient eu un sénat et une milice formés d’éléments ethniques semblables à ceux qui existaient au temps des Fabius, leurs dominations n’auraient pas pris fin, et, tant qu’ils auraient conservé la même intégrité de sang, Perses et Romains auraient vécu et régné. On objectera qu’ils auraient néanmoins, à la longue, vu venir à eux des vainqueurs plus irrésistibles qu’eux-mêmes et qu’ils auraient succom­bé sous des assauts bien combinés, sous une longue pression, ou, plus simplement, sous le hasard d’une bataille perdue. Les États, en effet, auraient pu prendre fin de cette manière, non pas la civilisation, ni le corps social. L’invasion et la défaite n’auraient constitué que la triste mais temporaire traversée d’assez mauvais jours. Les exemples à fournir sont en grand nombre.

Arthur de Gobineau, l’Essai sur l’inégalité des races humaines.

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About cesarlhermite

« Alors je me suis fait marquis du marquisat de moi-même et j’ai bâti mon cœur comme une tour ». Léon Bloy.

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